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Consommation responsable : achat local ou équitable?

Publié le 20 mai 2021 (Mise à jour le 20 mai 2024)
Producteur de café équitable en Colombie

Depuis quelques années, l’achat local est souvent mis de l’avant comme principe de consommation responsable en alimentation. Depuis le début de la pandémie au printemps 2020, les produits agricoles cultivés et transformés au Québec sont encore plus mis de l’avant. D’un autre côté, nous connaissons les avantages éthiques du commerce équitable. D’un point de vue environnemental, est-il pertinent d’opposer l’achat local et le commerce équitable? Faudrait-il bannir tout produit importé, sous prétexte qu’il a parcouru trop de kilomètres avant de se rendre dans votre assiette?

Le système alimentaire et le modèle agricole

« Super, des patates du Québec à 1,98 $ pour 10 livres! » Vraiment? Mais qu’a dû sacrifier le producteur pour que ces pommes de terre nous soient offertes à si bon marché?

Chez Umano, nous n’hésitons pas à questionner les modes de production agricole et de distribution qui se cachent derrière la notion d’achat local. Dans quelles conditions les aliments ont été cultivés? Les prix offerts par les distributeurs permettent-ils une agriculture durable? Quelles sont les pratiques avec les travailleurs temporaires immigrés qui travaillent sur les fermes? Et quel est l’impact environnemental des cultures? L’étiquette « produit du Québec » ne garantit en rien les conditions dans lesquelles les aliments ont été produits et achetés.

En focalisant trop sur la proximité à tout prix, on peut oublier la question du mode de production agricole. Ne devrait-on pas, avant tout, encourager un modèle de petite agriculture familiale, d’économie sociale et préservant la biodiversité? Un aliment local mais issu de l’agro-industrie est probablement moins éthique qu’un produit qui vient de plus loin, mais qui est cultivé selon un modèle d’agriculture durable et certifié équitable.

On peut aussi penser au sirop d’érable, une richesse du terroir du Québec. Une boîte de sirop non biologique achetée 5 $ dans un supermarché encourage l’agroindustrie. Alors qu’un kilo de sucre de canne bio et équitable, acheté en vrac dans une épicerie indépendante et importé par une petite entreprise locale, encourage un tout autre modèle, dans lequel chacun reçoit sa juste part.

Pourquoi acheter local?

Pourquoi choisir un aliment produit et transformé au Québec? La plupart diront que c’est pour soutenir l’économie locale et pour réduire les coûts environnementaux liés aux transports.

Pourtant, le transport ne compte que pour 6 % de l’empreinte carbone des aliments. C’est donc dire que le nombre de kilomètres parcourus par l’aliment n’est pas crucial pour l’écoresponsabilité. Nous devons considérer son mode de production, sa nature (produit animal ou végétal) et l’aspect biologique ou non. Il ne faut pas oublier non plus que la certification équitable inclut plusieurs exigences environnementales.

Nous croyons évidemment à l’importance de soutenir les gens d’ici. Mais nous croyons plus généralement que nous devons donc être reconnaissants envers ceux et celles qui produisent la nourriture qui se retrouve dans nos garde-manger, peu importe qu’ils et elles soient d’ici ou d’ailleurs. Les paysans et paysannes qui cultivent la nourriture pour leur famille et pour la vente travaillent durement.

La pandémie de COVID-19 est difficile pour les producteurs d’ici, et a d’autant plus fragilisé les populations les plus pauvres. Certes, on affronte tous la même tempête, mais nous n’avons pas tous le même bateau pour y naviguer. Notre solidarité envers les producteurs d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud doit continuer à s’exprimer en achetant équitable.

Des saveurs d’ici et d’ailleurs

Qu’est-il préférable entre une tisane d’herbes récoltées dans votre jardin ou un café bio et équitable torréfié localement? Notre réponse : ça dépend tout simplement de quoi vous avez envie. Consommer des produits importés permet de goûter des saveurs qui reflètent des terroirs qui ne sont pas le nôtre.

Prenons plaisir à découvrir des goûts exotiques, qui offrent le privilège de se rapprocher des cultures et des savoir-faire éloignés. Par les temps actuels et à venir, où l’on voyage certainement moins, pourquoi ne pas voyager en goûtant les saveurs d’ailleurs? Rendez-vous au Guatemala en buvant un café, au Burkina Faso en dégustant des mangues séchées ou au Sri Lanka avec l’odeur de la cannelle de Ceylan! Les produits alimentaires de qualité reprendront alors peut-être leur place d’ambassadeurs de pays et de cultures lointaines.

Et bien sûr, lorsque vous consommez des produits importés, choisissez-les équitables!

Alors, que choisir pour une consommation responsable?

Sommes toutes, nous croyons fermement que l’achat local et l’achat équitable ne s’opposent pas. Le mouvement pour un achat local pourrait s’inspirer entre autres des bonnes pratiques issues du commerce équitable. Ils sont plutôt complémentaires, et l’important est l’ensemble de la démarche de consommation responsable.

Prendre une seule caractéristique d’un aliment, comme sa provenance, pour prendre une décision d’achat n’est pas suffisant. Pour faire un choix éclairé, nous devrions plutôt avoir une vision plus globale et considérer plusieurs éléments du système alimentaire. En plus des facteurs de l’origine et de la certification équitable, on peut privilégier les aliments biologiques, en vrac, vegan, de saison…

Le clivage qui semble opposer local à international se transforme en questionnement entre une économie écoresponsable et une économie du profit avant tout, entre une consommation effrénée et une consommation épicurienne, entre agro-industrie et agriculture paysanne… Les principes du commerce équitable ne se limitent pas aux échanges entre pays du Nord et du Sud, mais s’appliquent aussi ici.

Rappel : Qu’est-ce que le commerce équitable?

Le commerce équitable est basé sur la notion d’équité (reconnaissance, respect, dignité, équilibre). Il favorise le partage de biens et de valeurs entre des personnes, des groupes, des peuples, des nations.

Pour les échanges internationaux, des critères précis ont été élaborés pour définir le cadre des engagements :

Prix justes : sur le marché libre, les prix fluctuent et sont déterminés par les bourses d’échange et les intérêts des groupes financiers. Pour le commerce équitable, les prix sont issus de négociations directes entre exportateurs et importateurs dans le cadre d’un prix plancher déterminé.

Une prime de développement, gérée collectivement par les groupes de producteurs, complète le prix juste.

Respect des droits économiques et sociaux : le commerce équitable garantit le respect des droits fondamentaux, soutient l’économie sociale et les organes de représentation des travailleurs au sein des entreprises.

Développement durable : le commerce équitable favorise les méthodes de production respectueuses de l’environnement (la majorité des produits équitables sont certifiés biologiques).